Je serai absente jusqu'au dimanche 20 mai. Prenez soin de vous les artistes...
Je vous embrasse
Dyane
Elle s’est noyée un bel après-midi d’avril
C’est un grand arbre qui me raconta son histoire.
Ce jour- là elle avait ourlé d’un fin trait noir
Ces yeux émeraude, et avait noirci ses cils.
Elle avait écrit, assise tout au bord de l’eau,
Ce devait être une chanson, elle fredonnait.
Ses cheveux blonds emprisonnés sous un chapeau
Sa robe fleurie tout ici mimait « Monet ».
Elle avait quitté ses chaussures et ses pieds nus
S’amusaient tour à tour, dans l’eau si fraiche et claire
Elle oubliait pour un instant son beau « poilu »
C’est ainsi que me fut narré ceci naguère.
Je découvrais aujourd’hui que sous ses grands cils
Se dressait un tableau virant au désespoir
Qui était si loin de Monet ou de Renoir
Malgré le chant si gai des merles et pœciles.
Sur la berge on découvrit un presque rondeau
Ecrit en pleins et déliés presque parfaits
Posé sur lui pour qu’il ne s’envole, un anneau
Qui, par cette belle journée au soleil luisait.
Lui, elle l’avait des jours et des nuits attendu
Forte de tout ce que cœur sait quand il espère
Mais aujourd’hui elle sait qu’il ne reviendra plus
Et sa blanche capeline flotte sur la rivière
« Le temps a laissé mon ami
De nous des souvenirs si beaux
Douce empreinte en mon cœur berceau.
Chassant de moi, loin, tout l’ennui
N’en gardant de vous que l’envie
Au parfum doux des hâtiveaux.
Le temps a laissé mon ami
De nous des souvenirs si beaux
Je me veux en l’eau assoupie
De notre bel amour radeau
Portant bien haut notre drapeau
Lui, qui tout ici-bas me prit.
Le temps a laissé mon ami
De nous des souvenirs si beaux »
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